Les vérités occultées

octobre 4, 2009

Psychanalyse d’un écrivain : Le marketing littéraire par le mensonge – le cas Nothomb

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A chaque rentrée, l’écrivaine Amélie Nothomb publie un livre sous la houlette de l’éditeur Albin Michel, en l’accompagnant d’une communication particulièrement élogieuse, et donc alléchante. Quelques leitmotivs reviennent systématiquement dans cette communication : « génie », « talentueux », « sublime », « intelligent », « première de classe ».

Le présent article vise à analyser les raisons de ces qualificatifs, si laudatifs, et leur bien ou mal fondé. A cet effet, il sera remonté à la petite enfance de l’écrivaine, et sa vraie biographie sera passée en revue en la comparant à sa biographie romancée. Cela en mettant ses mensonges en perspective avec la psychologie et les usages de sa famille. Ensuite, son marketing sera décortiqué, et plus particulièrement les cinq mots-clés précédemment cités. Finalement, une série de citations sera étudiée au regard des précédentes informations.

A – Une biographie aux antipodes de la réalité

Les faits

L’écrivaine Amélie Nothomb s’appelle en réalité Fabienne Nothomb. Amélie est un prénom purement fantaisiste et elle ne s’appelle pas non plus Fabienne-Amélie. Elle est née en Belgique le 9 juillet 1966. Elle n’est donc pas née au Japon en dépit de son obstination à déclarer le contraire contre vents et marées. Elle n’est pas non plus née en 1967, le même jour que Hitchcock comme elle le prétend. Elle a fait la plupart de ses études à Uccle, très riche banlieue de Bruxelles, et a habité une bonne partie de son enfance chez ses grands-parents maternels Scheyven. Ses résultats scolaires n’avaient rien d’exceptionnel, en dépit de ses dires. Ses allégations d’être une « tête de classe » sont d’autant moins crédibles, qu’elle s’est toujours plainte d’être froissée avec les mathématiques.

Elle a débuté ses études supérieures par l’échec à peu près total de sa première année de droit, ce qui tend à confirmer qu’elle n’avait pas le profil de « fort en thème » qu’elle prétend. Elle s’est alors orientée sur la philologie romane, un cycle d’études moins ardues, qui permet entre autres débouchés de devenir professeur de français dans l’enseignement secondaire.

Elle a choisi au cours de ses études universitaires, de changer de prénom et de se faire appeler Amélie. Peut-être une façon d’exorciser son échec en droit en effaçant toute trace de son passé. Il semble qu’elle n’ait pas (encore) entrepris de démarches administratives pour régulariser cette modification de prénom, ce qui est confirmé par sa présence sous le nom Fabienne Nothomb, notamment sur le site de la Sacem et celui de l’Université Libre de Bruxelles, où elle a fait ses études. Mais s’il est possible de modifier son prénom, il est en revanche interdit de falsifier sa date et son lieu de naissance, ce qui constitue un délit.

Aucun de ses travaux réalisés au cours de ses années d’études universitaires ne fit l’objet d’une publication exceptionnelle et elle n’écrivit aucun article dans un contexte académique. Or, quand un mémoire ou une thèse est très brillant, il fait généralement l’objet d’une publication dans les revues ad hoc. Elle n’a donc pas particulièrement émergé de la masse durant ses études.

A l’issue de ses études, elle a tenté de faire publier un premier roman. Elle a évidemment contacté les maisons d’édition les plus renommées (comme Gallimard) et son opus n’y fut pas accepté. Le style ne fut donc pas jugé suffisamment intéressant par ces pépinières de Goncourts pour justifier une publication.

Faute de pouvoir pénétrer dans le sérail, chez « Galligrasseuil », elle postula chez Albin Michel où son grand-oncle Paul Nothomb, ami de Malraux, avait déjà été publié (« L’homme immortel. Nouveau Regard Sur L’Eden », en janvier 1984). On peut en conclure qu’elle fut acceptée davantage grâce à ses antécédants familiaux, son nom et son réseau que par ses qualités d’écriture, lesquelles n’avaient jamais été démontrées par le passé, ni par une quelconque publication universitaire, ni même dans un autre contexte et qui avaient même fait l’objet d’un avis défavorable des majors.

Les grands talents sont généralement reconnus dès l’enfance et pour exemple, rares sont les grands peintres qui n’aient pas eu de prix durant leur enfance ou leurs études à l’académie. On ne lui connaît pas de prix d’écriture ou de publication quelconque étant enfant ou adolescente.

Psychologie familiale

Fabienne Nothomb a vécu dans le culte de la réussite scolaire et sociale, de la beauté physique, d’un milieu social riche et mondain, avec une vision quasi-proustienne.

Elle a aussi pu observer la réussite par les relations et le mensonge, par les actes de valorisation personnelle et de nuisance à autrui. Elle a également connu le rejet d’une de ses tantes qui ne pouvait que très occasionnellement rencontrer ses propres parents et qui fut réduite à une extrême pauvreté par ce rejet exceptionnellement dur et injustifié. Finalement, d’autres personnes de sa famille sont devenues immensément riches par leur seul talent de séduction voire d’intrigue. Grandeurs et misères formaient son tableau quotidien. Et la loi s’en mêlant, il leur fallait continuellement inventer des scénarios pour évincer les droits du fisc ou des déshérités, comme la tante rejetée. Tante, qui en dépit de ses conditions de vie extrêmes n’a jamais connu d’aide de la part de Fabienne Nothomb, bien au contraire, cette dernière a contribué aux scénarios visant à l’empêcher de faire reconnaître ses droits.

C’est de toute évidence l’observation de son environnement et les pratiques de sa famille (vu qu’elle n’a fait qu’en répéter certains comportements) qui ont amené Fabienne Nothomb à accorder beaucoup d’importance à plaire, à paraître réussie, peu importe les moyens utilisés. Aucune morale, aucun idéal ne se dégage de ses motivations lesquelles semblent se concentrer sur la réussite apparente.

Fabienne Nothomb a toujours connu une vie dorée, vivant l’essentiel de son enfance chez des grands-parents qui avaient un couple de domestiques à demeure, lesquels assuraient un excellent service et une excellente table.

Une part importante des préoccupations de ses grands-parents était leur réputation au sein de leur milieu upper-class. Paraître issu d’une famille ancienne, afficher un titre de noblesse, mener un train de vie grand-bourgeois (tout en étant relativement avare), faisaient partie de leurs soucis quotidiens. Que Fabienne Nothomb et ses parents se soient approprié ces obsessions, est démontré par le fait qu’ils affichent largement leur noblesse, que ce soit sur Internet, dans les bottins mondains belges (High Life et Carnet Mondain), ou les revues mondaines belges (L’Éventail), par le fait aussi que l’on retrouve un classement (assez erratique par ailleurs) des familles par ordre d’ancienneté sous leur fiche wikipedia, probablement intégré à leur demande et géré en partie par eux-mêmes (ce qui ressort des discussions de la fiche). Fabienne Nothomb a même fait débuter sa biographie sur Wikipedia par la phrase suivante « Issue d’une famille de la petite aristocratie ». On passera le côté un peu médiocre de se revendiquer issu d’une famille de petite aristocratie, le mot « aristocratie » étant ici utilisé pour noblesse, a fortiori que ce mot « aristocratie » est directement issu de la mentalité républicaine et se trouve être dépréciatif..

Le grand-père Scheyven accordait sa préférence à ses filles cadettes et rejetait sa fille aînée. Cela se traduisait dans une multitude de détails mesquins. Pour exemple, le grand-père Scheyven, qui revendiquait une orthographe impeccable et un oeil de correcteur exceptionnel, avait entrepris de corriger le Carnet Mondain, un bottin mondain belge, mais avec une idée derrière la tête. A l’issue de sa « correction », il avait fait supprimer indûment le titre de Comtesse Romaine de sa fille aînée et rejetée et fait rajouter un titre de Baron imaginaire à Fabienne Nothomb, à son frère et à sa soeur. En effet, si leur père Patrick Nothomb avait obtenu au cours de sa carrière, la concession d’un titre de Baron, ce titre est transmissible par primogéniture masculine (et aussi à ses fils puînés, mais n’ayant qu’un fils, ce point est sans importance) et non à tous les descendants. Cette falsification archi-mesquine est tout à fait révélatrice de jalousies et actes de nuisances, mensonges, amour du paraître. Finalement, la fille aînée fit rétablir son titre authentique de Comtesse dans sa rubrique personnelle en dépit des pressions de son père qui ne voulait pas la voir afficher un titre supérieur à celui de sa fille cadette préférée.

Cette jalousie maladive de la famille de Fabienne Nothomb à l’égard de ce titre de Comte se manifestait aussi dans le comportement des enfants. Ainsi, une réflexion enfantine révélatrice de cet état d’esprit, en provenance de Fabienne Nothomb alors âgée d’une dizaine d’années, et rapportée par un proche, fut : « C’est bête un Comte » réflexion faite sans la moindre délicatesse en présence de personnes dont la famille porte précisément ce titre. Les enfants répètent ce qu’ils entendent régulièrement chez eux.

Cette jalousie, cette différence de traitement se manifestait de multiples façons et parfois aussi dans des actes importants, principalement dans la manière dont les nombreux avoirs des grands-parents étaient distribués aux enfants et petits-enfants.

Afin d’éviter de voir ces trop nombreuses donations faire l’objet d’un rapport à l’héritage des grands-parents Scheyven, les parents de Fabienne Nothomb masquaient continuellement cet hébergement chez les grands-parents Scheyven. Car si le père de Fabienne Nothomb, ambassadeur, avait effectivement eu une succession de postes à l’étranger (généralement en Asie), la plupart du temps, les enfants demeuraient chez leurs grands-parents avec leur mère pour leurs études en Belgique, études réalisées en pension à Godinne pour le fils aîné, à Uccle en externat pour les filles.

Le grand-père Scheyven avait pour sa part une communication bien rodée : flatter bassement les puissants dont il espérait se faire un allié ou un ami, faire usage de qualificatifs dithyrambiques à l’égard des personnes qu’il voulait valoriser, traiter par le mépris et le silence ceux qu’il voulait rabaisser. Ce grand-père Scheyven était grand amateur de littérature, admirateur de Proust et La Varende. Il accordait beaucoup d’importance à l’orthographe, aux formalismes et étiquettes de toutes sortes, et vantait certains écrivains qui prétendaient écrire leurs oeuvres d’une traite et sans rature.

B – Un marketing dans la continuité de ses fantasmes et de l’esprit de son entourage

Les cinq mots-clés

Tout le marketing de Fabienne Nothomb repose sur cinq mots-clés, qui reviennent fréquemment dans sa communication : . « génie », « talentueux », « sublime », « intelligent », « première de classe ».

Génie : ce qualificatif est couramment employé en littérature, surtout pour justifier de gros tirages et imposer des lectures imbuvables à de chères têtes blondes. Il semble représenter pour Fabienne Nothomb le parfait accomplissement de l’écrivain, l’apogée de sa carrière : passer pour un « génie littéraire ». Le mot génie a pris le sens « d’inventeur, de personne dotée d’un talent hors du commun et/ou d’une habileté intellectuelle remarquable, d’une aptitude créatrice extraordinaire ». Le génie peut être un artiste depuis le XIXe siècle. Ce terme est encore fort affecté de l’imaginaire du XIXe et  fait appel à des valeurs profondément élitistes, probablement racistes. Il est à rapprocher de l’übermensch. Heureusement, tous n’adhèrent pas à la vision d’hommes ou de « races » supérieures (ces concepts étant liés, s’il existe des hommes supérieurs, il existe des « races » supérieures et réciproquement, et à supposer qu’il y ait des « races » d’hommes ce qui est à présent contesté). Cette vision est éminemment rétrograde et fataliste, le génie étant couramment associé à l’inné, davantage qu’à l’acquis. D’ailleurs, Albert Einstein, que l’on qualifie facilement de génie répondait lui-même que le génie n’existe pas, que tout est une question de travail, démontrant que les prétendus génies eux-mêmes contestent cette vision.

Talentueux : le talent fait référence à une aptitude, une capacité, une habileté naturelle ou acquise. Ce mot est assez proche du concept de génie, mais en plus atténué. Dans l’imaginaire populaire, le talent est plus considéré comme inné qu’acquis, particulièrement en matière artistique : certaines personnes sont douées et d’autres non. On peut néanmoins se rappeler de la colère de Bourdieu contre les personnes qui classaient les enfants en doué ou non. Il considérait le concept « doué » comme une sorte de mirage culturel, qui enlisait les classes plus populaires dans leur milieu. Fabienne Nothomb essaye régulièrement de faire recaser dans sa communication qu’elle est « talentueuse ».

Sublime : le mot sublime se raccroche aisément au mot génie si l’on se réfère à l’encyclopédie de Diderot. Sublime a été aussi utilisé de façon mémorable par Marguerite Duras, dans son article à propos de l’affaire Villemin : « Sublime, forcément sublime ». Fabienne Nothomb emploie souvent ce mot, préférentiellement à tous ses synonymes (admirable, beau, divin, extraordinaire, fascinant, grand, grandiose, haut, idéal, ineffable, magnifique, merveilleux, monumental, paradisiaque, parfait, prodigieux, sensationnel, splendide, superbe, supérieur, suprême…). Néanmoins, elle utilise régulièrement d’autres mots emphatiques, bien davantage que les autres écrivains, rejoignant en cela le style grandiloquent de son grand-père Scheyven chez qui elle a longtemps vécu.

Intelligent : l’intelligence est le plus couramment définie comme la faculté de comprendre, de concevoir, de connaître. Néanmoins, cette définition reste assez vague, car comment mesurer cette faculté (sinon par le système controversé de QI) ? L’intelligence a ceci de constant : personne ne parvient à très bien la définir mais tout le monde préfère paraître en avoir. Et plus particulièrement Fabienne Nothomb, qui pour paraître intelligente use de plusieurs axes de communication :

- se faire proclamer intelligente par des proches et ses communiquants (on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même)

- se prétendre première de classe

- masquer ses échecs (droit notamment) et ses points faibles, notamment en modifiant sa date de naissance afin de rendre difficiles les recherches sur ses vraies performances et son passé.

Première de classe  : ce qualificatif entre en synergie avec les précédents : génie, talentueux, sublime, intelligent. Fabienne Nothomb use beaucoup de cette expression vieillotte et réliquat d’un système éducatif antédiluvien. Elle proclame encore actuellement avoir été première de classe étant jeune (ce qui ne semble même pas la vérité, et prête un peu à sourire dans la bouche d’une personne de plus de quarante ans). Elle se prétend aussi « meilleure élève » ou « première de classe » dans les ventes (non pas en vendant le plus de livres, mais en ayant le plus gros tirage pour son lancement à chaque rentrée – en définitive, le titre lui est concédé sans examen).  Elle prétend détenir les meilleures ventes, mais est-ce que ces chiffres sont vérifiés ?  Pourquoi se priverait-elle de faire un mensonge de plus, bien en cohérence avec sa biographie mensongère ? [complément apporté le 22 avril 2010] Dans un article récent, ici, Guy Birenbaum rappelle qu’à la différence des ventes dans d’autres secteurs, les ventes de livres sont des paramètres inconnus. Ci-après, un extrait de cet excellent article : “En tout cas, ces petits arrangements justifient que les vrais chiffres de ventes des livres restent le secret industriel le mieux gardé du marché culturel français. Et ce, en dépit de l’existence de listes de meilleurs ventes dans les médias, de panels de libraires, de statistiques intermédiaires, et payantes, sur le net ou d’autres données disponible chez les diffuseurs… On connaît les chiffres des films à l’entrée près, idem pour les ventes de disques… Mais les éditeurs ont encore réussi à préserver le mystère sur leurs ventes.

Un jour, là aussi, il faudra bien faire le ménage…” [fin du complément apporté le 22 avril 2010]

Sa biographie inventée tente donc d’entrer en synergie avec ces cinq mots, ces cinq idées à greffer dans le cerveau du public. Ces cinq mots visent quant à eux à entériner de gros tirages, allécher le lecteur et justifier des revenus et une considération au-dessus du commun des mortels. Justifier une prétendue supériorité et sa rémunération subséquente, morale et matérielle, voilà le mobile d’une telle communication. Sachant que Fabienne Nothomb ment énormément pour faire accréditer cette image, on frise l’escroquerie.

Décryptage de la stratégie de communication

Fabienne Nothomb, à la publication de son premier roman, a d’emblée été présentée comme un génie par son éditeur (en dépit du fait qu’elle avait été recalée par les autres éditeurs dont les plus prestigieux, la contradiction mérite d’être soulignée !).  Avant qu’un seul livre ne soit vendu, elle s’est produite (gratuitement ?) dans tous les principaux médias en se présentant comme une « révélation » (alors que rien ne justifiait ce qualificatif, sinon peut-être, et encore, sa biographie mensongère) et de très gros tirages ont été annoncés avec placement en tête de gondole. Le produit était créé et créé de toute pièce avec un battage monstrueux avant même qu’elle n’ait vendu un seul livre.

Pour confectionner son image, Fabienne Nothomb a joué de façon démesurée de trois paramètres :

- une biographie falsifiée visant à la faire passer pour un « génie »

- une représentation visuelle attirante propre à susciter l’intérêt voire l’excitation des acheteurs

- un contenu visant à mystifier le lecteur, par des affirmations fausses et des citations vides de sens.

Une biographie falsifiée visant à la faire passer pour un « génie »

Fabienne Nothomb s’est présentée comme une sorte de génie, née en Asie, qui a vécu dans les ambassades, qui n’a pas été en établissement scolaire avant l’université (c’est ce qu’elle prétendait dans ses toutes premières interviews – mais comment aurait-elle pu être première de classe alors ?) et qui a débarqué pour la première fois à 17 ans en Belgique pour y faire des études de lettres. Un parcours purement mensonger du début jusqu’à la fin. La réalité est plus prosaïque : elle est née en Belgique, y a fait l’essentiel de ses études (hormis certaines années à l’étranger), a vécu la plus grande part de son enfance chez ses grands-parents avec le grand-père Scheyven comme substitut du père ou plutôt comme père alternatif, et a commencé ses études de lettres après une « gamelle » en droit. Moins glamour et moins génial, certes.

Afin de bien asseoir son statut d’écrivain génial et original, elle affiche un mode de vie excentrique.

Elle prétend écrire tous les jours, sans exception, de quatre à huit heures du matin. Ce serait fort étonnant qu’elle suive ce programme à la lettre sans jamais y déroger, comme elle l’affirme, car elle a suffisamment d’obligations qui la contraignent à faire autre chose qu’écrire de quatre à huit (déplacements matinaux pour des dédicaces par exemple, voyages à l’étranger, rendez-vous aux aurores, ou au contraire tardifs). Mais passons, ce n’est pas le plus important et nous n’avons aucune information sur ce point sinon la constatation que c’est « trop constant pour être vrai ».

Elle prétend écrire ses romans à la main sur de petits cahiers d’écolier, au stylo-bille. A nouveau, ce point paraît surprenant, alors que l’informatique et Internet offrent d’immenses ressources pour les recherches et pour enrichir un texte (recherche de synonymes, recherche au dictionnaire, passage au correcteur etc). Peut-être une façon de nier la contribution informatique à ses oeuvres. De plus, son écriture est peu lisible, et transcrire ses cahiers ne doit pas être une partie de plaisir. Écrire à la main d’une traite et sans rature était un des fantasmes de son grand-père Scheyven (qui raturait pas mal ses propres notes, mais envoyait néanmoins à ses éditeurs des tapuscrits relativement corrects et non des manuscrits). Peut-être vise-t-elle à paraître un génie qui écrit d’une traite et sans rature, conformément à ce fantasme grand-paternel.

Elle affirme écrire 3,7 romans par an. La précision et la constance du chiffre ne peut que rendre méfiant. On pressent la grosse plaisanterie. En réalité, il est très probable qu’elle ne parvient qu’à péniblement boucler un seul petit roman écrit grand chaque année. Mais un génie a une forte productivité, donc un génie n’écrit pas un mais trois romans chaque année. Et même 3,7 romans (ici, la précision dans le mensonge n’est que cynisme). Elle n’a d’ailleurs jamais montré les manuscrits de ses cinquante romans prétendus, soi-disant voués à la destruction et en attendant l’issue fatale, planqués dans des boîtes à chaussures (pourtant le format du petit cahier d’écolier, A5, ne s’accorde pas avec celui de la boîte à chaussures, nouvelle incohérence…) ou recelés dans des tiroirs suivant les versions.

Elle affirme une hygiène de vie assez discutable, associée à une obsession de minceur, bien réelle celle-là. Donc, elle se gaverait de thé, ce qui permet de remplir le ventre mais nuit à la fixation du fer (tant mieux se dit-elle sans doute, elle n’en sera que plus blanche de teint). Elle prétend manger des fruits pourris, qui sont plutôt un vomitif cancérigène et qu’elle utilise peut-être dans ses éventuelles crises de boulimie. Ou non. Ce qui est une certitude, c’est qu’elle était un peu ronde (sans obésité) étant petite fille et craint excessivement la prise de poids.

Elle a toujours été servie, chez ses parents, chez ses grands-parents et a constamment été confrontée à une hiérarchie, à des marques de respect excessives comme on en voyait chez ses grand-parents et comme on en voit dans les ambassades et en Asie. Elle a gardé et fantasmé cette habitude de se faire traiter en princesse, que ce soit par les journalistes ou ses autres contacts, qui se croient obligés de lui témoigner une révérence exagérée. Le plus grotesque à mon sens, a été une interview à la télévision par le journaliste Franz-Olivier Giesbert qui l’avait reçue et traitée avec une déférence presque ridicule, avec plus de respect qu’il n’en témoigne aux anciens présidents de la République comme Giscard d’Estaing. Fabienne Nothomb tient à être traitée en star, avec des égards exceptionnels, même si elle joue à l’occasion à « la fille simple ». Une grande star si simple …

Fabienne Nothomb a donc une vie antérieure différente de ce qu’elle prétend. Ses écrits n’ont pas non plus la perfection qu’elle voudrait revendiquer. Forcément, en s’auto-proclamant génie avec des écrits relativement moyens, et en inventant de toute pièce un passé factice que certains savent mensonger, elle allait rencontrer des détracteurs, c’est-à-dire tous ceux qui savent que sa biographie est truquée et tous ceux qui voient ses faiblesses littéraires. Sa machine de guerre a donc dû inclure le bâillonnement des détracteurs. Et cela de cinq façons :

- La première, elle pare les attaques en prétendant qu’elle a des ennemis, des détracteurs, mais aussi des fans fidèles et enthousiastes, qu’elle est controversée, sulfureuse (et la vilaine menteuse devient alors un cas excitant, à l’origine d’une bataille d’Hernani de ses adorateurs et des affreux détracteurs qui racontent n’importe quoi). Quant aux fans enthousiastes, ils sont intégrés dans la communication laudative habituelle, créés par manipulation ou victimes consentantes (un fan étant toujours une sorte de victime de l’emprise d’une personne qui se croit supérieure).

- La deuxième façon, elle supprime ou réduit au minimum la communication des détracteurs : suppression d’articles, voire de livres qui lui déplaisent et qui contredisent sa communication montée de toute pièce, politique de terreur et de destruction de carrière à l’encontre des détracteurs comme ce fut le cas avec Alain Dantinne qui eut beaucoup de mal à se maintenir dans le milieu littéraire grâce aux longs bras de Mademoiselle Nothomb. Elle fait donc tout pour faire retomber dans l’anonymat ses détracteurs, afin de détruire leur carrière.

- La troisième façon, elle modifie son nom et sa date de naissance afin de compliquer la tâche à ses détracteurs, s’il leur venait l’envie de démontrer qu’elle ment. En effet, il faudra d’abord démontrer qu’elle n’est pas née où elle dit et pour ce démontrer qu’elle a un autre prénom. Tout cela est encore compliqué par le fait que l’administration belge refuse de délivrer des extraits d’état civil à des tiers non mandatés.

- La quatrième façon consiste en mépriser et discréditer avec ou sans fondement ses détracteurs, forcément des “sous-merdes” face à son génie.

- La cinquième, elle répète obstinément les mêmes mensonges d’interview en interview et par tous les médias possibles. Pour exemple, elle répète constamment être née à Kobé en 1967 (quel autre écrivain accorde autant d’importance à son lieu et sa date de naissance, au fil des interviews ? Aucun). Sur le site d’Albin Michel, elle est le seul écrivain à indiquer sa date de naissance (mensongère évidemment).

Tous les ans, après s’être auto-proclamée génie depuis la première année de publication, elle nous sert le même scénario. On ne change pas une stratégie qui gagne. Elle se présente d’emblée comme un événement de la rentrée, avec un tirage supérieur aux autres écrivains, un placement étendu et en tête de gondole. Évidemment, avec ce système, elle est assurée de vendre mieux qu’un petit écrivain peu soutenu par un éditeur pas trop riche.

La sortie de son roman s’accompagne d’un fort battage médiatique, principalement dans la presse qu’elle est parvenue à convaincre de publier ses mensonges difficilement vérifiables, toujours en se prétendant un génie, un événement, une révélation. Et toujours en se faisant traiter avec une déférence exagérée et en se faisant qualifier de divers superlatifs. Et son contact journalistique est probablement catalysé par ses relations haut placées ainsi que celles de ses parents, qui connaissent nombre de dirigeants d’entreprise, dont des directeurs de médias et des journalistes. Rappelons que Fabienne Nothomb est relativement intime avec le couple royal belge et diverses autres personnalités, et ce dès avant sa première publication. Être fille d’ambassadeur, petite-nièce d’un écrivain ami de Malraux, petite-fille d’un passionné de littérature qui a publié diverses traductions de son cru, petite-nièce d’un ancien ministre belge, ancien président du Sénat, amie et cousine éloignée de la famille royale belge, et j’en passe, tout cela offre un fabuleux carnet d’adresses, sachant que ces personnes la soutiennent. Même Mazarine Pingeot, qui ne fut longtemps qu’une fille cachée de Mitterrand mort trop tôt, ne dispose pas d’un tel réseau.

Bref, Fabienne Nothomb est accueillie comme une princesse par les médias qui lui laissent carte blanche pour entretenir son culte de la personnalité, la laissent un peu étonnamment proclamer divers faits non démontrés voire qu’eux-mêmes savent mensongers. Ces médias semblent même répéter le contenu d’un dossier de presse avec une complaisance gênante. En revanche, elle fait taire la plupart de ses détracteurs qui viseraient à voir leurs contestations et rectifications un peu plus diffusées. Certains l’ont déjà remarqué, il est extrêmement difficile de publier un droit de réponse ou une rectification aux dires ou à la communication de Fabienne Nothomb, dont la machine médiatique et le référencement écrasent les contestations de personnes mieux informées.

L’exaltation de son ego se manifeste aussi dans sa chasse aux prix littéraires, dont certains lui sont tout simplement décernés par des amis (comme le prix de Flore qui lui fut décerné par Frédéric Beigbeder).

Car si sa communication vise à la faire vendre en la proclamant géniale, prix littéraires à l’appui, un must à lire nécessairement (même si on n’aime pas, c’est comme la soupe, il faut en prendre pour grandir), elle a également pour objectif de satisfaire ses propres fantasmes de carrière littéraire.

Il pourrait être opposé que bien sûr elle ment, bien sûr elle bénéficie d’un marketing hors du commun, mais il demeure qu’elle vend et qu’elle demeure publiée. Que depuis quinze ans qu’elle pratique son petit commerce, elle reste, plus immuable qu’un fonctionnaire.

Il faut alors garder à l’esprit que lorsqu’on est parvenu grâce à son réseau, à s’imposer comme un écrivain important, on est installé, on devient incontournable. Incontournable dans le programme de l’éducation nationale, incontournable dans les bibliothèques. Une sorte de marché s’est créé par la force, par la contrainte. Et à moins d’un boycott ou d’une levée de boucliers du public, les jeunes générations (les plus malléables) se voient obligées d’avaler du Nothomb par la force, comme une potion amère. Au même titre que l’on retrouve Victor Hugo partout, et qu’il soit apprécié du public ou non, il se trouve être un « écrivain obligatoire ».

Et ceux qui ne sont pas contraints de la lire ou l’acheter, on essaye de les y amener par la force, espérant déclencher des réflexes pavloviens de soumission par un ton autoritaire et impératif. Ainsi j’ai déjà vu des textes agressifs indiquant qu’il fallait lire Nothomb, que c’était un passage obligé pour se cultiver. Vu la pauvreté du contenu, qui n’est même pas moral, et ne contient que mensonges, contresens et citations creuses, on se demande en quoi ses livres, qui sont de purs romans, sont indispensables pour se cultiver.

Elle est si installée, qu’un régime de terreur s’est instauré et personne n’ose par peur de paraître discourtois ou de représailles, la faire vaciller de ce piédestal de pacotille.

Alors, avec un tel marketing, où on se fait réprimender si on ne lit pas l’écrivain imposé par le haut, où des ventes sont déjà garanties à toutes les écoles et toutes les bibliothèques, où personne n’ose contester avec virulence, ni les livres, ni la biographie falsifiée, il est impossible de ne pas être vendu.  Et nous serions peut-être fort étonnés si nous pouvions vérifier les chiffres réels de ses ventes.

Finalement, toute la logique de la communication de Fabienne Nothomb est la suivante :

- Je suis une personne exceptionnelle, issue d’une famille exceptionnelle, avec une biographie exceptionnelle, une sorte d’extra-terrestre provenant des antipodes (elle se fonde sur l’élitisme, voire le racisme le plus extrême).

- Je suis exceptionnelle et donc un génie de la littérature, à la production abondante et fluide (bof !) mais sélectionnée et consacrée par des prix. Toute ma production est du « fait-main » non informatisé.

- Je suis si exceptionnelle que l’on doit me publier avec les plus grands tirages et que me lire doit être obligatoire (comme le pinard de Coluche)

- Comme tout être exceptionnel, quasi-surnaturel, j’ai des pratiques extraordinaires, par exemple manger des fruits pourris, grimper des montagnes et mettre des chapeaux monstrueux (pratiques néanmoins à la portée du premier venu).

- Je suis un être exceptionnel mais controversé par des jaloux qui ne vendent pas autant que moi (et n’ont pas son réseau, ni un marketing aussi agressif et autoritaire, mais ça c’est une autre histoire).

- Je suis un peu gothique, gay-friendly, communautés éminemment artistiques et clients potentiels (elle est devenue « gothique » sur le tard, car elle ne l’était pas du tout étant adolescente).

- Si vous n’êtes pas d’accord avec ce que j’écris ou si vous trouvez que ça ne veut rien dire, c’est que vous ne me comprenez pas, et si vous ne me comprenez pas, c’est que vous êtes idiot et donc méprisable.

- Tout le monde est à mes pieds, je peux construire et défaire des carrières et mes ennemis risquent la mort professionnelle. Venez me lécher les pieds.

Une représentation visuelle attirante propre à susciter l’intérêt voire l’excitation des acheteurs

Une jolie fille attire et fait vendre. On le sait depuis longtemps. Au point que des associations et autres groupements éthiques luttent contre cette sorte de manipulation.

Alors, afin de vendre, il a été fait des photos démesurément retouchées de l’écrivaine, de préférence en gros plan, beaucoup plus attirant à l’oeil. Elle est probablement l’écrivain le plus retouché du marché. Ce ne sont plus des photos mais des chromos.

Elle s’est créé sur le tard (après ses premières publications) un style Wednesday Addams, assez cohérent avec le contenu de ses livres, mais bien plus attrayant que ce contenu. Ce phénomène est assez banal. Nombre de fois qu’enfant vous avez dû acheter un livre ou une bande dessinée, attiré par une couverture extrêmement alléchante, mais que vous étiez finalement un peu déçu par le contenu, beaucoup moins exaltant. Cette forme de marketing est typique des romans populaires, livres pour enfant et bandes dessinées.

Il est évident que ces photos surtravaillées et embellies interviennent énormément dans l’attraction qu’elle peut exercer sur le public. Ces photos, ce sont l’emballage, le packaging. Ce n’est pas l’écrivain qui devrait toucher la plus importante rémunération, mais le photographe.

Un contenu visant à mystifier le lecteur, par des affirmations fausses et des citations vides de sens.

Les livres de Fabienne Nothomb sont particulièrement courts. En ce qui concerne le contenu, ils n’ont aucune portée scientifique. Par exemple, plusieurs japonais se sont plaints du caractère erroné de la description de la société japonaise faite dans « Stupeur et tremblements ». Les diverses affirmations faites à l’emporte-pièce sur la société japonaise dans ce livre n’ont rien d’exact.

Et il en est ainsi de tous les livres de Fabienne Nothomb, qui, comme sa biographie, ne sont que des mystifications, tant en ce qui concerne le style que le fond. Et souvent des mystifications avec une idée derrière la tête : faire accréditer sa biographie mensongère et un profil génial. L’aspect erroné et mystificateur de ses écrits transparaît tout particulièrement d’un article qu’elle a fait sur l’anonymat, « Habeas Corpus » , dont on peut retrouver une critique faite par une juriste (voir l’article « Quand Charlie Hebdo publie des contresens juridiques »).

Le style Amélie Nothomb, ce sont des phrases creuses, dénuées de sens, visant à dérouter le lecteur. Elle use continuellement du principe un peu simplet « le roi est nu » espérant que personne ne relèvera la vacuité de ses écrits de peur de se voir opposer qu’il n’a rien compris. Ce qui est naïf, car le vide peut se démontrer.

Pour une personne qui a fait des études de lettres et qui est tout à fait francophone, elle ne semble pas avoir une parfaite connaissance de la langue française et use souvent de mots inadéquats pour s’exprimer.

Cette méconnaissance de la langue se retrouve sur sa fiche Wikipedia, gérée sous son égide puisque dans les réponses des discussions de la fiche, souvent très agressives et autoritaires, bien dans son style, il est indiqué qu’il faut l’autorisation de l’écrivaine pour toute modification.  Cette réponse  est très surprenante car une encyclopédie n’est pas obligée de recueillir l’autorisation d’une personne pour publier des données sur elle (hormis si elles touchent à sa seule vie privée évidemment).

Ainsi, l’unique extrait de Nothomb publié sur sa fiche Wikipedia, contient une erreur de français.

« J’écris 3,7 romans par an, c’est un rythme, je l’ai constaté après coup. Ceci dit, n’allez surtout pas imaginer que tous ces romans sont bons. Il y a une énorme proportion de romans ratés dont il est hors de question que je les publie »

L’emploi de « ceci dit » est incorrect pour les puristes (dont Chouinard) car « ceci », en principe « annonce ce qui va venir ».   [complément apporté le 5 novembre 2009] Et comme il arrive que Madame Nothomb ait de saines lectures (celle de nos articles en l’occurrence), elle s’est empressée de faire corriger cette faute, commettant par la même occasion un faux intellectuel puisqu’elle modifie ses anciennes déclarations entre guillemets (ce qui n’a rien à voir avec changer d’avis ou corriger une erreur dans une publication).  Cela démontre bien qu’elle sait que sa tante est dans la misère, mais qu’elle préfère la laisser dans la misère, et même l’empêcher d’avoir ce à quoi elle a droit, tout en jouant perpétuellement sur son paraître  au mépris du droit et de la morale.  Ici nous voyons sa fiche wikipedia actuelle, modifiée.  La correction (ou plutôt la falsification, s’agissant de la modification d’une citation) a été faite le 20 octobre à 11 h 44 (c’est-à-dire, bien évidemment, après la publication du présent article).  Dans l’historique, on retrouve cette modification.  Et toutes les versions antérieures de la fiche mentionnent bien “ceci dit” et non “cela dit”.  Une nouvelle preuve que Madame Nothomb n’hésite pas à falsifier pour le paraître …  [fin du complément apporté le 5 novembre 2009]

Les citations de Nothomb ont la particularité suivante : elles sont généralement erronées. Accessoirement, elles démontrent une vision élitiste, fataliste et pessimiste du monde (avec une certaine inspiration célinienne, triste personnage par ailleurs).

Reprenons quelques citations au hasard et analysons-les.

« Je juge les actes à l’aune de la jouissance qu’ils donnent. L’extase voluptueuse est le but souverain de l’existence. » [in Cosmétique de l’ennemi]

Fabienne Nothomb révèle une motivation profonde, qui semble aussi être la sienne. Avoir pour seul moteur sa propre jouissance. Un objectif purement égoïste, sans aucune transcendance ni sens de la collectivité. On peut regretter que des livres qui n’ont aucune élévation morale soient lus par des jeunes. On constate le style emphatique, prétentieux visant uniquement à impressionner, mais sans recherche approfondie d’un vocabulaire précis et riche de sens.  Elle se contente de bombarder le lecteur de mots débusqués dans le dictionnaire, en les utilisant de façon généralement inadaptée.

« Le sens moral disparaît au-delà de 180 de quotient intellectuel. »[in Péplum]

Le message ici est « l’intelligence supérieure ne peut être morale ». Une généralité fausse. En effet, la moralité a été précisément créée par des personnes intelligentes. La société est construite pour que les personnes qui respectent le mieux ses préceptes moraux, y excellent, arrivent aux sommets. Ne pas jouer le jeu, c’est s’exposer au rejet. Ou à la très vive controverse que l’immoral passe son temps à étouffer pour se maintenir à une position mal acquise. Ce serait faire preuve d’angélisme de prétendre que la société respecte parfaitement la moralité dans les faits et sa construction. La pourriture existe évidemment, ainsi que les inégalités les plus injustes. Mais c’est faire preuve de bêtise de prétendre que l’immoralité est généralisée et la moralité contraire à l’intelligence, ce qui est précisément la défense des plus immoraux.

« La guerre est dans la nature humaine » [in Les combustibles]

Si la guerre était dans la nature humaine, elle serait constante, il s’agit d’une généralité fausse. Une idée reçue malheureuse et fataliste, qui vise à voir l’homme comme naturellement mauvais et justifier un comportement immoral en ce qui la concerne. Le message en filigrane : « Je fais des choses incorrectes (mentir, détruire mon prochain), mais l’homme est naturellement un salaud. »

« La littérature n’est absolument pas une démocratie et heureusement ! » [extrait d’une interview]

Heureusement pour elle seulement ! Ici elle révèle à mi-mots être consciente que le marché du livre n’est pas un phénomène démocratique, dicté par le désir des lecteurs mais imposé par le haut, en tout cas en ce qui la concerne, car tous n’ont pas ses procédés, et heureusement.  Elle essaye de faire avaler que ce qui s’applique pour elle, s’applique pour tous.

Sa défense serait évidemment que ces citations ne sont que littérature, de la composition, du roman. En réalité, il nous semble qu’il s’agisse bien de sa pensée profonde, comme le révèle son comportement et son marketing. Il est effarent que cette vision peu édifiante et ce marketing outrancier ne suscitent pas davantage d’indignation. Par manque de connaissance probablement, car pour bien décortiquer le personnage, il faut avoir été en contact avec des proches et pas ceux qui accordent leurs violons avec sa communication. Par lâcheté et commodité aussi, car contester quelqu’un est souvent dangereux.

Comment Madame Nothomb accueillera-t-elle cet article ? Dans un brusque sursaut de sincérité et de rédemption, elle m’a demandé de l’écrire. Non, je plaisante.  Et c’est ma seule plaisanterie, car tout mon article se fonde sur des faits authentiques et patiemment vérifiés.

 

M.P.

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